N’est-t-on pas mieux servi que part soi-même ? J’en suis persuadé. Cependant oublier ceux qui vont participé à la réussite du livre, indispensable à tous les amoureux de la course à pied, serait une omission impardonnable de la part d’hommes de partage comme nous pouvons...
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vendredi 04 avril 2025

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D'un Handi rêve à un Sourire (suite et fin)

 

 

 

 

Quelle aventure...

Cindy Le Falher

 

 

 

 

Il m’aura fallu quelques jours pour réaliser ce que nous avons vécu tous ensemble. Un moment magique en-dehors de l’espace et du temps. Des moments de vies comme je les aime, riches de nouvelles rencontres, construits de partage, de rires et de dépassement de soi.

 

 

 

 

Je repense à Elisa et son impressionnante ondulation, qui a pris le premier relais dans des vagues plus grandes qu’elle. Je repense à Selam qui avait peur de nager en mer et sur qui je veillais de près tellement la mer était déchaînée et qui a affronté ses peurs et la mer. Je repense à Théo et sa mèche, qui ne lâchait rien et suivait le cap malgré les courants. Je repense à Paulo "Allez l’OM" qui m’a fait rire à râler dans l’eau mais surtout je garderai en mémoire à quel point il a été jusqu’au bout de lui même sur ce dernier relais qui a duré plus longtemps que prévu.


 

 

 

Je repense aux larmes de Philippe Croizon face à l’intensité des émotions vécus durant ces 7h30 de natation dans la Manche. A l’importance des mots choisis qu’il met à cœur de transmettre pour fédérer les troupes et pour amener ceux qui savent écouter à bouger les lignes. Je repense à eux frigorifiés sur le bateau à attendre leur prochain relais. Je repense à Patrice Chassery et Nino Fraguela nos guides dans cette Manche, par moment hostile.

 

 

 

 

Je repense à Suzana sabino et sa distribution de "Mercalm" au petit déjeuner le matin. Je repense à cette équipe construite aussi avec Robert le président de l'académie Philippe Croizon, à Fabien l’entraîneur, Nathan qui s’occupe de l’internat du CREPS de Vichy et aux parents.

 

Quelle équipe, que de rires, que d’émotions ! Et Arnaud Chassery, toi, qui à deux semaines du défi m’a embarqué dans l’aventure. Je ne te remercierai jamais assez de m’avoir permis de vivre cette journée, et pourtant j’étais enclin de peurs au départ. La peur de ne pas réussir à accompagner les jeunes sur les 30km, la peur de ne pas tenir dans la durée dans une eau à 17° en maillot de bain en ne nageant pas à mon rythme. La peur de devoir abandonner également à cause du mal de mer.


 

 

 

Et puis… Il s’est passé un truc que je n’ai toujours pas compris : j’ai nagé, rythmé par les relais pris par les Elisa, Selam, Théo, Paulo et Philippe. J’ai nagé complètement décentré de moi et concentré uniquement sur eux et sur la trajectoire de nage à en oublier de me ravitailler jusqu’au moment où j’ai commencé à penser à un poulet rôti.

 

 

 

 

J’ai nagé sans avoir réellement froid à part cette dernière 1/2h où j’ai cru que j’allais finir en hypothermie. J’ai nagé sans avoir le mal de mer alors que d’habitude je suis malade dès qu’il y a un peu de houle.

 

Tout est passé si vite. J’entends à l’aller Nino me dire il reste 600m avant la plage ! Déjà ? Bon au final ça aura été les 600m les plus long de ma vie, car à l’instar d’Elisa et de Philippe qui ont pu éviter le courant pour gagner la plage du Cap Gris Nez, pour ma part je me suis retrouvée dans le fameux cimetière des nageurs ! Et bien c’est franchement agaçant de reculer en nageant.

 

Mais les jeunes auront ensuite tous vécus l’enfer de ce courant durant 2 longues heures ! De quoi en décourager plus d’un, mais pas eux.

J’entends au retour Patrice me dire il reste 1/2h avant l’arrivé au Cap Blanc Nez et je me dis : mais déjà !!!

J’ai perdu toute notion de temps dans la Manche ce jour là. J’étais juste là où je devais être, dans ce milieu source de liberté. J’ai vu naître en ce jeudi 27 août 2020, l’envie d’y revenir, l’envie d’un jour la traverser cette Manche, mais cette fois au départ de l’Angleterre.

 

Merci à vous tous qui avez contribué à faire de ce moment, un moment de vie inoubliable ! Merci Arnaud !

 

 

 

 

BRAVO à vous, Elisa, Selam, Théo, Paulo. BRAVO à vous, qui n’avez que 15 ans.

 

Cindy Le Falher.